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Paysagiste depuis 1982 j'ai planté des végétaux par millions, oui oui, ça n'est pas une erreur, j'ai épongé des torrents d'eau de pluie en surface (et dans les années 80 c'était un combat), j'ai verdi des parkings par hectares, j'ai fait des montagnes de terrassements sans évacuation, j'ai assaini des hectares de bassins en phytodépuration, je construis un parc de 125 ha sur le thème de l'eau et du développement durable (à l'étranger),   bref on ne peux pas me reprocher d'avoir trahi la cause HQE, même si en fait les vraies raisons de ces choix étaient économiques et pas éthiques. Je ne suis pas écolo, je suis demerdarde, donc adepte des solutions de bon sens. Quand il n'y a pas de fric pour un espace public, hop on appelle un paysagiste ! Mais avant, et personne ne trouve celà grotesque, le paysagiste (en l'occurrence la) pour répondre à un appel d'offre public doit justifier de ses compétences « dans le secteur de l'écologie et du développement durable ». Alors bien sûr beaucoup de mes travaux récents sont à l'étranger, et n'ont donc pas le « magique label », d'autres sont plus anciens, HQE est une invention récente…je ne suis donc pas écologiquement correcte. Devrais-je aller faire le stage merveilleux dont sortent tous les « copier-coller » qui servent de sésame pour accéder à la commande publique, où se reconvertissent tous les pré-retraités en mal de trimestres   de cipav. Nous voilà donc éternellement flanqués de ces bureaux d'études inutiles et vains ,qui ont fait de l'écologie leur combat de la dernière chance et qui moyennant quelques honoraires finissent inéluctablement leur diagnostic par « avez vous pensez aux agents allergènes ». Mais c'est toi mon gars l'agent allergène, et je suis allergique à la connerie ! Je ne veux plus qu'on prononce devant moi le mot développement durable, ni le mot écologie, ni le mot bio, ce sont devenus des gros mots. Maintenant que nous ne pouvons plus respirer sans l'échangeur du double flux, que le bon sens HQE interdit d'imaginer qu'un instituteur peut ouvrir ou fermer des volets avec ses petites mains d'humain, que les toits vont se couvrir de photopiles alors que c'est si bien de marcher dessus, qu'on se chauffe avec des croquettes de bois qui ne vont pas tarder à être fabriquées en Chine, que tous les parcs vont être en creux avec des roseaux de la boue et des moustiques (pour la biodiversité), qu'on prend sa bagnole pour aller trier ses bouteilles, qu'il n'y aura plus que des façades Nord-Sud moi qui aime être à l'Ouest, qu'il faut faire du velib quand il fait –5°, qu'il faut construire des maisons norvégiennes à Marseille, moi je n'ai plus qu'une envie, c'est de faire un parc en béton et en bitume avec des arbres en plastique (pas d'entretien, top !) D'ailleurs n'ai-je pas lu récemment dans un programme de concours que les terrains de sports seraient en pelouse synthétique (le synthétique en question provenant du recyclage, et evitant l'apport d'engrais c'est HQE)…je suis sur qu'en me demerdant bien le parc en question , pour peut qu'on y mette un peu de recyclable et de biodégradable obtiendrait facilement le précieux label, je ne m'en sortirais donc pas comme ça! Alors je pense qu'après le Grenelle de l'environnement il faudrait faire le Grenelle de la connerie pour s'attaquer au fond du problème ! Christine Dalnoky novembre 2007 Répondre :